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October 23, 2025
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Remarques à l'intention de l'étude du Comité permanent de l'industrie et de la technologie sur la stratégie industrielle de la défense

Merci de m’avoir invitée. L’Association canadienne des industries de défense et de sécurité, que je dirige, représente plus de mille entreprises qui forment la base industrielle de défense et de sécurité nationale du Canada.

L’engagement du gouvernement à établir une stratégie industrielle de défense – la SID – est la bonne décision à ce moment charnière de notre histoire. Cette initiative est attendue depuis longtemps, compte tenu des menaces à la souveraineté territoriale du Canada. L’investissement de plus de 9 milliards de dollars prévu par le gouvernement pour cet exercice financier afin d’atteindre l’objectif de 2 % du PIB fixé par l’OTAN, de même que l’engagement d’atteindre 3,5 % d’ici la prochaine décennie, risquent d’être gaspillés sans stratégie structurante.

Le Canada ne s’est jamais doté d’une SID de mémoire récente. C’est l’une des différences fondamentales entre nous et nos plus proches alliés. Le Royaume-Uni et l’Australie disposent depuis des décennies de stratégies industrielles de défense, qu’ils ajustent constamment en partenariat avec leurs industries nationales afin de répondre à l’évolution de leurs objectifs en matière de défense nationale et d’économie intérieure.

Cette initiative est d’une importance majeure pour le Canada, et il est essentiel qu’elle soit bien conçue.

L’expertise de pointe sur la base industrielle de défense canadienne, ses technologies et services, de même que les facteurs qui motivent les chefs d’entreprise à investir dans notre avenir, se trouvent au sein même des entreprises. À ce jour, CADSI n’a pas vu de version écrite complète d’un document décrivant les objectifs de la stratégie, ses outils, instruments et cadres, ainsi que les capacités que cette stratégie vise à maintenir, développer ou créer au Canada. Nous nous attendons à pouvoir examiner et commenter un document doté d’un tel pouvoir transformationnel, comme c’est la pratique dans d’autres pays.

De notre côté, on nous a plutôt sollicités, de manière non structurée, pour fournir des commentaires sur divers éléments ou concepts qui pourraient – ou non – se retrouver dans la Stratégie industrielle de défense (SID). Pour le dire simplement : nous avons vu certains des ingrédients. Nous n’avons pas vu le gâteau.

Pour que la SID du Canada produise les résultats exprimés par le premier ministre, elle devra être ajustée au fil du temps avec une participation récurrente de l’industrie. C’est pourquoi nous recommandons la création d’un forum industrie-défense ministériel, où les dirigeants d’entreprises canadiennes du secteur de la défense rencontreraient régulièrement le ministre de la Défense nationale et le ministre de l’Industrie pour discuter et résoudre les principaux obstacles, et planifier la croissance du secteur afin de répondre aux besoins du gouvernement et des FAC.

Toute bonne stratégie doit poursuivre des objectifs clairs. Dans le cas de la SID, ces objectifs doivent viser à renforcer la souveraineté canadienne, l’indépendance d’action, et la santé économique du pays. Comme l’a dit le premier ministre lors de son discours à l’Université de Toronto en juin dernier : une économie forte est à la base de la défense et de la sécurité nationales. Ce principe fondamental devrait guider l’élaboration de cette stratégie.

Un autre objectif central doit être la santé, la croissance et la résilience de la base industrielle de défense canadienne. Il y a plus de dix ans, un gouvernement précédent avait lancé une initiative visant à améliorer les retombées économiques des achats de défense. Il avait fixé une cible explicite : utiliser les approvisionnements de défense comme levier pour faire croître l’industrie de 40 % sur une période de dix ans, et ce, alors même que le budget de la défense n’augmentait pas. Cette cible – qui a été atteinte – est aujourd’hui bien trop modeste, étant donné l’augmentation massive des dépenses de défense et l’ambition du premier ministre de maximiser les retombées de ces dépenses pour l’économie canadienne. Nous suggérons un objectif de croissance de 100 % sur dix ans.

Une question fondamentale – et délicate – pour les responsables de la SID est celle des capacités souveraines. Il s’agit de la notion selon laquelle le Canada doit identifier un ensemble de capacités en matière de défense et de sécurité nationale qu’il souhaite maîtriser ou être capable de fournir de manière autonome. En d’autres termes, ne pas avoir à dépendre d’un autre pays pour les obtenir en cas d’urgence ou autre. Cela peut inclure des services et des technologies que les entreprises canadiennes maîtrisent déjà, ou encore des domaines où nous devons avoir davantage de contrôle. Cette liste évoluera avec le temps.

Pour conclure, je tiens à être franche sur un point que certains jugent controversé. Toute SID canadienne significative doit accorder une préférence aux entreprises canadiennes qui produisent – ou qui pourraient produire – ce dont les FAC ou d’autres agences de sécurité nationale ont besoin. C’est aussi simple que cela. Cela signifie que cette philosophie doit être intégrée au travail de l’Agence d’investissement en matière de défense. Le gouvernement doit adopter cette approche et se doter des outils nécessaires pour la mettre en oeuvre. Et si la stratégie industrielle de défense ne reflète pas cette orientation, elle ne répondra pas aux ambitions du premier ministre.

Merci.

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The Canadian Association of Defence and Security Industries (CADSI) is the national industry voice of more than 650 Canadian defence, security and cybersecurity companies that produce world-class goods, services and technologies made across Canada and sought the world over. The industries contribute to the employment of more than 78,000 Canadians and generate $12.6 billion in annual revenues, roughly half of which come from exports. To learn more, visit defenceandsecurity.ca.

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